Un an après le foyer de dermatose nodulaire qui avait inquiété tout le massif, les éleveurs du Jura et du Doubs franchissent une nouvelle étape. Depuis le 19 octobre 2026, la zone de vaccination qui couvre l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Bourgogne-Franche-Comté est passée du statut de zone vaccinale II à celui de zone vaccinale I. Derrière ce changement de vocabulaire administratif, il y a des règles de mouvement plus souples pour les bovins, et un peu d’air pour des fermes qui vivent de la vente d’animaux.
Les points :
Ce que dit le ministère #
Le point de situation du ministère de l’Agriculture, mis à jour le 19 octobre, l’écrit noir sur blanc : « A compter du 19 octobre 2026, cette zone de vaccination deviendra une zone de vaccination I ». La même page rappelle qu’aucun nouveau foyer n’a été détecté en France depuis le 2 janvier 2026. Entre le 29 juin 2025 et cette date, 117 foyers avaient été recensés dans le pays.
Pour la Franche-Comté, l’histoire récente est courte mais intense. La zone réglementée mise en place le 11 octobre 2025, après la confirmation d’un foyer dans le Jura, a été levée le 18 janvier 2026, comme l’avait annoncé le ministère dans son communiqué de levée de la zone réglementée. Le territoire était alors devenu « zone vaccinale ». Le passage en zone I marque une étape supplémentaire.
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Ce qui change concrètement dans les fermes #
Le principal changement porte sur la vaccination exigée pour vendre ou déplacer des animaux. Selon Réussir, qui détaillait la mesure début octobre, en zone vaccinale I « seuls les bovins destinés à quitter une exploitation doivent être valablement vaccinés ». Ce n’est donc plus l’ensemble du troupeau qui conditionne la sortie d’un animal.
Pour les éleveurs qui vendent des broutards, des génisses ou des vaches de réforme, c’est un vrai soulagement logistique. Chaque départ restait jusqu’ici encadré de près, ce qui pesait sur les ventes au moment où les marchés sont actifs.
Des débouchés européens élargis
L’autre avancée concerne les échanges avec les pays voisins. Jusqu’ici, seuls trois pays avaient accepté, sous conditions, de recevoir des bovins issus des zones vaccinales françaises : l’Italie, la Suisse et l’Espagne. Depuis une zone vaccinale I, les animaux peuvent être expédiés vers l’ensemble des États membres de l’Union européenne, sans demande d’autorisation préalable au pays de destination, selon GDS France cité par Réussir.
Les conditions restent strictes : un examen clinique favorable par le vétérinaire et des bovins « valablement vaccinés depuis 28 jours à la date de l’expédition ». Pour une région où l’élevage pèse lourd dans l’économie rurale, cette ouverture compte.
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Les échéances à garder en tête #
Le calendrier ne s’arrête pas là. La campagne de revaccination de 2026, prise en charge à 100 % par l’État, se termine le 31 décembre 2026. Ensuite, la vaccination sera interdite en application des règles européennes. Comme le rappelle Réussir, contre cette maladie la vaccination est « soit strictement obligatoire, soit strictement interdite » : il n’y a pas de place pour le choix individuel.
À partir du 1er janvier 2027, les animaux sans immunité, ni vaccinale ni transmise par le colostrum, pourront rejoindre la zone indemne grâce à un test PCR, aux frais de l’éleveur. Les veaux nés entre le 1er octobre et le 31 décembre perdront leur immunité colostrale vers la fin mars 2027. Enfin, le statut de zone indemne ne pourra être déclaré que huit mois après l’arrêt de la vaccination, si la situation sanitaire reste calme.
D’ici là, les mouvements vers la zone indemne restent encadrés. Le ministère mentionne un examen clinique favorable du vétérinaire sanitaire avant le départ, et un test PCR négatif réalisé dans les 5 jours précédant le mouvement selon le cas de l’animal. Chaque éleveur a donc intérêt à vérifier, avec son vétérinaire ou son GDS, le statut vaccinal précis de chaque bête avant de programmer une vente.
Et pour ceux qui achètent leur viande à la ferme ? #
Pour le consommateur, rien ne change dans l’assiette. Le ministère le rappelle : la dermatose nodulaire contagieuse « n’est pas transmissible à l’Homme », ni par la consommation de produits issus de bovins contaminés. Ce qui change, c’est la santé économique des élevages qui fournissent les circuits courts du massif.
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Des ventes d’animaux plus fluides, ce sont des trésoreries moins tendues et des éleveurs qui peuvent continuer à proposer des colis de viande, de la génisse persillée ou du veau élevé sous la mère. Acheter local, cet automne, c’est aussi soutenir des fermes qui sortent d’une année éprouvante. Et la fin de l’année, entre comices, foires et commandes des fêtes, est justement le moment où ces ventes directes reprennent de l’élan.



